Constructivisme

Le terme « constructivisme » a des acceptions différentes selon qu’il est employé en psychologie, en philosophie ou en sociologie.

Psychologie

En psychologie, le constructivisme a été d’abord assimilé à la théorie de Jean Piaget, qui conçoit le développement de l’intelligence comme une construction progressive associant une maturation biologique (schèmes d’action ou de pensée innés) et l’expérience (acquis). Il est donc ici distinct à la fois de l’ innéisme et de l’empirisme.

Dans un autre sens, le constructivisme est associé à l’approche développée au sein de l’école de Palo Alto par Paul Watzlawick. Le psychologue soutient que la réalité sociale est une « invention » ou une « construction mentale », au sens où nous ne cessons de projeter sur le monde nos propres représentations (P. Watzlawick,  »L’Invention de la réalité. Contributions au constructivisme », 1981).

En sciences cognitives, le constructivisme désigne plus généralement les théories qui conçoivent les représentations mentales et connaissances comme des constructions progressives, issues à la fois de l’intégration de l’expérience et de l’organisation progressive des circuits neuronaux.

Philosophie

En philosophie des sciences, le constructivisme considère que les objets mathématiques (nombres, figures géométriques, etc.) sont des constructions mentales et non des essences indépendantes de l’esprit humain qui les conçoit. Plus généralement, le constructivisme est une théorie de la connaissance selon laquelle nos perceptions du réel ne sont pas des reflets de la réalité, mais des représentations, c’est-à-dire des « constructions » de pensée.

Sociologie

En sociologie, le constructivisme se rapporte aux approches contemporaines qui envisagent la réalité sociale comme une « construction sociale » permanente, c’est-à-dire que : la réalité sociale se construit et se reconstruit chaque jour au fur et à mesure des interactions individuelles ; les faits sociaux sont soumis à l’interprétation qu’en donnent les acteurs ; les institutions sociales (religion, délinquance, consommation, mariage, etc.) sont la cristallisation de conventions arbitraires, bien qu’elles apparaissent souvent aux acteurs comme des phénomènes incontournables.