Identification

Léo a 5 ans. Son papa est son héros, son idole. Le petit garçon imite sa façon de marcher, fait mine de se raser devant le miroir de la salle de bains Il admire ses muscles, sa force. Comme lui, il voudrait conduire la voiture. Cette identification du jeune enfant à l’un de ses parents est un processus psychologique courant. Il consiste à vouloir ressembler à un modèle parental. Plus tard, Léo se détachera sans doute de la figure paternelle pour se construire une personnalité autonome. En se fixant néanmoins un autre moi idéal, forgé à partir de nouveaux modèles.

 »Psychanalyse ». La psychanalyse considère l’identification comme un élément central dans la construction de la personnalité. Dans  »L’Interprétation des rêves » (1900), Sigmund Freud évoque le cas de la « belle bouchère », femme obèse, qui s’identifie à son amie et lui prête des désirs qui sont les siens. Puis S. Freud reprendra cette question à partir de sa forme œdipienne, c’est-à-dire l’identification de l’enfant au parent à qui il souhaite ressembler.

Par la suite, il tentera de décortiquer plus avant ce mécanisme. Derrière sa simplicité apparente (le fait de vouloir ressembler à autrui) se cache un phénomène complexe, car il met en œuvre plusieurs personnages (moi et l’autre) et plusieurs instances de la personnalité : le moi, l’idéal du moi, le surmoi. Par exemple, lorsque l’ adolescent s’identifie à un modèle, veut-il vraiment être autrui (c’est-à-dire s’incorporer à l’autre, prendre sa place) ou simplement lui ressembler, être « comme » l’autre, ce qui signifie simplement adopter son rôle, ses caractéristiques (être star, écrivain célèbre). En 1923, S. Freud avouera le caractère « embrouillé » du processus d’identification. Au terme de son exposé, il constate n’être « absolument pas satisfait (de ces développements sur l’identification) » (« La décomposition de la personnalité psychique », l’une des  »Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse », 1933).

Par la suite la notion d’identification sera développée par d’autres psychanalystes : Mélanie Klein, Donald W. Winnicott ou Jacques Lacan.

 »Psychologie sociale ». Si l’identification intervient dans les phénomènes de construction de la personnalité, il est aussi au cœur des processus de socialisation. Ainsi, une forme d’identification à autrui est la « socialisation anticipatrice ». Elle consiste à vouloir adopter les caractéristiques du groupe auquel on veut adhérer. Le jeune homme voulant vite devenir adulte se mettra à fumer, à boire du café ou de l’alcool, pour jouer à l’adulte. Celui qui veut devenir artiste, manager ou écrivain va alors « prendre des poses », caractéristiques des personnes qui appartiennent au milieu auquel il voudrait participer.

L’identification relie la psychologie personnelle à la psychologie collective en tant qu’elle fait le lien entre une personne et un modèle identificatoire : un héros (le mystique qui s’identifie au Christ), un modèle de conduite (les saints, les stars, etc.) ou un groupe (une profession, une nation, une ethnie).